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27.12.2007

Est-ce catholique?

Je ne sais pas trop si cela est catholique ou si je dois favoriser ce qui est prophylactique, mais demain je vais sur Lyon. Voici un de mes derniers vendredi de libre alors j'en profite. Passage chez Mac de quelques heures en prévision, je vais me faire plaisir, cadeau de noêl après coup, qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Et puis si tout se passe bien, je passerai un peu plus loin dans la rue Herriot...

 Je me souviens d'un fait marquant de ma jeunesse. Lorsque j'avais de mauvaises notes, lorsque que j'avais fait quelque chose de pas très brillant, je me coupais les ongles très courts, tel une propre punition (auto-flagellation étant un terme un peu fort). Je m'auto-castrait et m'interdisait tout signe de féminité. Comme si je m'infligeais de redevenir une enfant lorsque j'avais fait quelque chose de mal.

Je vous rassure, aujourd'hui je me coupe les ongles ras seulement quand ça me glonfle et que je n'ai pas le temps de m'en occuper et que du coup ça fait un peu famille Groseille et Cie que "french manucure capsule et gel UV"

Je fonctionne sur le même principe quand je suis angoissée ou que je suis triste. Je m'interdis tout divertissement, toute décadence, toute nourriture élaborée. Je m'interdis formellement tout péché, aussi capital soit-il. Freud dirait que mon sur-moi semble être plus dominant que mon ça. Je réponds humblement que "ça" fait partie de "moi" et que je dois prendre "sur-moi"...

 

Ce blog prend vraiment des allures de divan, non?

26.12.2007

Noël passé, chouette

Ce matin, retour au cabinet. Je suis crevée, levée en retard (7 h 20 contre 6h30 habituellement), tout va de travers. Heureusement, il n'y a personne sur la route et le trajet se réduit de moitié.

Pas trop de travail... ce qui provoque un peu d'ennui, l'ennui provoquant la lenteur et l'inertie..etc etc pour le cercle vicieu.

Je mange la pintade aux marrons récupérée hier soir avant de partir de chez ma grand-mère.

Un noël pas tout à fait triste et ni réellement heureux.

Le matin, je suis allée sur la tombe de mon grand-père déposer une rose rouge qui doit avoir gelée tant il faisait froid. Je n'avais pas revu sa tombe depuis que la plaque de marbre a été reposée. Emotion et larme furtive au rendez-vous, que voulez-vous, je peux maîtriser un grand nombre de choses dans ma vie mais pas celle là.

 

Alors j'essaie de penser à autre chose. On mange, on rit, on boit, on fume parfois. Finalement, on est content de savoir qu'on appartient à une famille. Bien qu'on considère ces gens comme terriblement différents de nous, ce sont les nôtres. Et même si ils ne parlent pas de Rossi, de Manolo, de Vuitton ou de pigment mac, ce sont les miens. Je les accepte comme tel puisque eux m'acceptent comme je suis, avec ma couche d'embourgoisement parfois ridicule, avec mon humour gras et sec, avec ma retenue et mes yeux plus fardés qu'un catcheur.

Bref, Noël est passé, et ce n'est pas un mal. Je ne l'ai pas aimé cette année.

 

Depuis ce matin, je reprends le chemin de la routine, après avoir eu deux semaines de folie à travailler 7jours/7, alternant mon poste de consultante RH avec ma pertinence et mon cerveau comme outils de travail et mon poste d'hotesse de caisse chez Sephora, avec mon sourire et mon petit cul comme outils de travail.

J'ai trouvé dans le travail un outil thérapeutique. Et plus je travaille, moins je pense au reste. Plus je travaille, plus je pense à rien...

 

21.12.2007

J-4

Bonnes fêtes à tous
Profitez de ces moments de joie

18.12.2007

Après la tempête

Je travaille encore et toujours plus, je pars plus tôt, je rentre plus tard, je pense à autre chose, je me disperse dans des questions professionnelles existentielles.
Demain, je dois songer à faire mes cadeaux de Noël, c'est vite là... déjà. Le temps passe si vite.
Partons dans la féérie des fêtes de fin d'année, même si quelques résidus de mélancolie résistent.

Dimanche, en sortant du travail, je suis allée à la maternité, accueillir le premier enfant d'une amie. Un si joli petit garçon. Penser aux choses positives pour ne pas se laisser manger par le négatif.

Il faut que je regarde plus loin, au dessus. Il faut que je pense à ceux qui sont en train de perdre un père, une mère, un enfant, un frère. Il faut que je me dise qu'il y a plus dur que moi, il le faut pour relativiser.

14.12.2007

J'ai...

J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal J'ai mal
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La claque en or

Je me demandais comment j'arrivais à aussi bien gérer ma peine. Je me suis sentie très fière. Je me suis dit qu'être psychologue était une bonne chose et que la raison de cette parfaite gestion devait y être intimement liée.

Et puis voilà, la douleur revient. Elle revient parce que j'ai pris conscience de la pire chose qui soit.
Je ne le reverrai plus jamais. Et ce, jusqu'à ma mort, si tant est qu'il existe quelque chose après notre existence. Il ne me verra plus, il se saura pas avec qui je m'unirai, il ignorera le sexe de mes enfants, leur prénom, la couleur de leurs cheveux et de leurs yeux. Il ne saura pas ce que la vie est en train de faire de moi. Il ne peut peut-être que me regarder de là-haut et se hater ou déplorer mes agissements. Il regarde passif, et j'attends active, un signe, quelque chose pour me dire qu'il n'est pas très loin, qu'il n'est que derrière cette porte, passé dans l'autre pièce, juste derrière.

Et moi, je ne le verrai plus. Je ne sentirai plus son odeur si particulière, je n'entendrai plus le son de sa démarche ni sa gestuelle si gauche et si lourde. Je n'entendrai plus son rire si communicatif. On ne me laissera plus de message à profusion sur mon répondeur en me disant "`donne de tes nouvelles poulette".

Voilà ce que j'appelle la claque. La claque en or.
Je ne le verrai jamais plus jusqu'à ma mort. C'est la chose qui puisse me faire du mal ce soir.
Il aurait tellement donné pour que je ne sois pas malheureuse comme je le suis. Ironie du sort. L'homme qui voulait mon bonheur par dessus tout cause mon plus grand malheur.
Il me faut maintenant penser à me prendre un peu de temps pour pleurer, ce que je ne m'autorise pas. Il me faut prendre le temps de souffrir en sourdine, devant une photo, devant des souvenirs.

Alors pour garder la face, je ris, je blague, je dis que ça va super bien, quand on me demande "quoi de neuf" je réponds "tout va bien, c'est noël, c'est parfait". Je suis toujours aussi vulgaire et je cache ma peine derrière le fait que je sois "au bar à pute", que je sois une "sorte de pute", parce qu'il n'y a que ça que je sache faire. J'y mets toute ma haine et toute ma peine. Et tant mieux si ça marche, pour le reste, on verra plus tard. Et tant mieux si ça marche, parce qu'il y a certains trésors que je ne peux pas partager.

Tu manques chaque jour un peu plus à nos vies. Parler du passé serait trop long, parler du présent trop douloureux, alors parlons de demain. Quelle torture d'avancer sans toi.

09.12.2007

un seul être vous manque...

Et tout est dépeuplé.
Les festivités de cette fin d'années vont s'avérer bien tristes.

le 8 décembre 2006, j'étais à l'hôpital, en réanimation neurologique pour une amie qui avait fait une rupture d'anévrisme. le 8 décembre 2007, je rendais hommage à mon grand-père.
Et dans un an, peut-être serai-je dans une maternité, célébrant l'arrivée d'un nouveau né.

Telle est la vie. Advienne que pourra, je ne pourrai que m'y résoudre.

05.12.2007

Point mort

9h10, mercredi 5 décembre 2007, le lion est mort. Deux arrêts cardiaques.

Hier soir je suis allée le voir. Et comme tous les soirs je lui ai dis de se reposer et que je le verrai demain. Les yeux ouverts, il était ailleurs. Un peu là mais dans le fond plus vraiment là. son visage nous disait qu'il en avait marre. Ses yeux étaient là d'être ouverts. Son visage se tordait de douleur. Son corps ne répondait plus et son esprit amorçait la pente finale.

Mon lion est mort. Mon roi est mort. C'est mon monde qui s'écroule, mes yeux qui me brûlent, c'est le patriarche qui démissionne et prend son ultime retraite. C'est toutes mes valeurs qu'il faudra refonder.

Je suis orphéline de grand-père et de père. Je suis seule dans mon bureau, là, pendant que lui doit se rincer les pieds dans le styx. J'ai mal partout. Je suis dans un état de choc. Je ne réagis pas, j'y pense, je pleure, et puis je m'arrête brutalement. Je suis dans une humeur sinusoïdale. Je suis un peu déconnectée.

Je n'ai trouvé la force que de l'écrire. Penser des mots pour panser mes maux. Ne plus savoir, être dans le flou.

Se résigner à ne plus voir la couleur de ses yeux. Se résigner à ne plus entendre le son de sa voix. NON NON NON NON NON. Rattrapez-le, dites lui que je l'aime et qu'il me manque déjà. Dites-lui de revenir parce que nous ne sommes que des êtres égoïstes. Dites-lui, ej vous en supplie.

Un seul être vous manque est tout est dépleuplé. Je suis dans une fôret en friche, un terrain en jachère.

Mon coeur est en berne, je hisse le drapeau noir.

Va grand-père, je ne te hais point... Je t'aime trop pour te laisser partir sans douleur.

 

04.12.2007

Quand on n'a que l'amour

Quand l'esprit est plus bas que terre, quand la douleur est plus profonde que la lame d'un poignard dans son coeur, quand les yeux se lassent de se laisser aller, quand les bras n'ont plus de vigueur, il ne reste qu'un maître-mot en guise de fil d'Ariane: la dignité.

 Chaque jour est une leçon supplémentaire. Chaque jour est une lutte, une victoire, une défaite, une revanche, de l'amertume en plus. Alors on prend le luxe de se déconnecter quelques instants de notre réalité. On prend le luxe du déni dans un premier temps, et on avale la pillule de l'acceptation.

La mémoire est ainsi ce qui nous permet de vivre et de faire vivre ceux qui sont loin et ceux qui partent. On s'y accroche tel un garde-fou de l'existence, de ce qui a été, de ce qui ne sera plus

Mon héros lutte toujours héroïquement. J'irai le voir ce soir, comme presque tous les soirs. Parce que dans 10 ans, je ne veux pas que mon inconscient se retourne contre moi. Chaque jour il revient un peu plus vers nous, chaque jour, nous nous préparons un peu plus à nous éloigner de lui.

Mes larmes se font de plus en plus rares. Elles ne me prennent en traître que lorsque je repense à des souvenirs précis. Lorsque j'ai écho de sa voix. Lorsque je vois ou entends des phrases et des mots qui étaient les siens. Ce matin, sur une rocade plus bouchée que jamais, une camionnette est passée devant moi. C'était celle d'un restaurant de montagne qui s'appelle "le diable au corps". A ce moment précis, je me suis psychologiquement effondrée. Les larmes ont surgi plus vite que ma mémoire. Là, je me suis souvenue que mon grand-père me disait très souvent quand j'étais petite que j'avais le diable au corps. Je me projette dans mon enfance et j'y reste un peu, parce que j'y étais heureuse. J'y étais heureuse parce que je n'pas encore ouvert le dictionnaire humain à la page du deuil. Ce sont des instants comme ceux-ci qui me rappeleront ce qu'il a été.

 Avant hier, après plus de 15 ans, je lui ai avoué que je trichais lorsque je faisais mes pages d'algèbre en détournant sa calculette de temps à autre pour abréger mes souffrances matheuses. Ca m'a fait du bien, mais là, en ce moment, à mon bureau, une fois de plus, ça donne du fil à retordre à mon mascara...

03.12.2007

J'ai 25 ans et un héros

Anticiper n'est pas toujours la meilleure chose qui soit. Je me suis protégée en anticipant sur ce qui de toutes façons sera l'issue fatale à court terme. En attendant, il est encore là et se bat comme personne. Il est devenu en peu de temps mon héros et celui de toute l'équipe de la réanimation de Chambéry. Celui que l'on croyait psychiquement faible se révèle différent et fort, fort, fort. Il ne lâche rien.

Son état oscille telle une lame de scie mais on y croit tous les jours un peu plus. Chaque soir, chaque nuit, je somnole dans la peur de recevoir l'ultime appel, celui qui fera la différence. Mes nerfs me tiennent depuis 6 jours maintenant. Enfin, je crois qu'ils me tiennent ou alors je sous-estime ma force, peu importe, le débat ne se fera pas là-dessus.

Retourner au travail me change les idées. La-bas, je suis dans mon environnement d'avant, alors je crois toujours que ce week-end j'irai manger un boeuf bourguignon chez ma mère qui reprochera de ne plus avoir d'appétit, mon père me demandera si je vais bien et si le boulot se passe bien, ma soeur me parlera du dernier parfum qu'elle a senti à l'aéroport. Ensuite, je ferai la vaisselle et pour clore mon dimanche, je passerai chez mes grands-parents, ma grand-mère sera lovée dans son fauteuil en train de regarder une pièce de théâtre. Ensuite, il arrivera et ne me reconnaîtra pas tout de suite. Mais il reconnaîtra ma voix. C'est l'essentiel. Je dis "il" parce que de voir écrit "grand-père" me fait mal.

Voilà à quoi je me heurte chaque jour qu'on nous donne à lui et à moi, à nous. Voilà ce que je vais devoir affronter, parce que même si l'espoir est présent, il ne doit pas écarter la réalité.

Inévitablement et irasciblement, j'ai toujours l'espoir d'aller chercher ses marrons glacés chez Zugmeyer, ceux qui sont conditionnés par 12 dans un boitier marron que ma grand-mère réutilisera pour ranger des affaires...

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